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Barbie voilée, icône de la soumission industrielle

Ibtihaj Muhammad attends Glamour’s 2017 Women of The Year Awards at Kings Theatre on November 13, 2017 in Brooklyn, New York. / AFP PHOTO / ANGELA WEISS

Comme chaque fois qu’il est question de voile islamique, l’opinion est divisée. Déchirée. Depuis l’annonce par Mattel, de la commercialisation de la première Barbie voilée, dès 2018, les réseaux sociaux s’enflamment, les claviers se dechaînent. Les réactions sont pour le moins contrastées. Fierté de l’inspiratrice de ce nouveau modèle, l’escrimeuse Ibtihaj Muhammad, première sportive à participer aux JO voilée…Joie de ces femmes musulmanes ou pas, qui voient en ce lancement commercial, une avancée vers davantage de diversité…
Appétit, forcément très aiguisé, du groupe Mattel – en difficulté depuis cinq ans- qui se frotte les mains.
Moins enthousiaste, notre réaction, en tant que citoyenne éprise de valeurs républicaines, prônant la laïcité, l’égalité hommes-femmes, rejetant la soumission sous toutes ses formes, l’exclusion au nom d’une religion, indignée par les inégalités hommes-femmes dans le monde en général et dans le monde arabe en particulier, scandalisée par les restrictions imposées par les pays plus méprisants de la condition féminine…On pense bien sûr à l’Arabie saoudite qui applique au pied de la lettre une vision rigoriste de l’Islam. Un royaume où la femme, loin d’être reine, vient à peine de décrocher, de haute lutte, le droit de conduire…
Alors pour toutes ces raisons, il y a fort à parier craindre que la prochaine lubie signée Mattel soit le lancement de la Barbie au voile intégral. Signe que les temps changent chez le géant du jouet: deux ans ont passé depuis leur campagne mettant en scène une Barbie incarnant la femme moderne, indépendante et sûre d’elle.
Du hijab aujourd’hui, laissant apparaître le visage, au niqab très prisé des salafistes, laissant juste une petite fenêtre pour les yeux, il n’y aurait qu’un pas…Et le corps de rêve de Barbie ne serait plus qu’un souvenir. Un fragment de tissu qui ne manquerait pas d’attiser la toile encore une fois. Peut-être un détail marketing pour Mattel, mais qui voudrait dire beaucoup pour les femmes de demain. Un vent de polémique souffle sur l’industrie du jouet.
LC

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