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La citrouille, rivale des chrysanthèmes?

Halloween concurrence la Toussaint en France. Comparatif entre culte païen, de plus en plus populaire, et religieux.

Proximité du calendrier oblige, Halloween est souvent taxée de faire de l’ombre à la fête catholique de tous les saints, le 1er novembre. Date souvent confondue avec les Défunts, le lendemain. Pour les chrétiens, le 2 novembre est l’occasion d’aller à la messe, au cimetière, fleurir les tombes de leurs proches. La vente de pots de chrysanthèmes reflète l’attachement des familles au culte religieux. Un marché particulièrement florissant: la Toussaint représente 20% du chiffre d’affaires annuel des grandes enseignes de fleuristes. Chez Jardiland, « on n’a pas chômé, et on note une hausse des ventes. La tendance est au petit modèle Pomponnette : 8,90 à 9,90 € le pot. Les ventes s’étalent sur une semaine.»

(© photo LC)
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Le 31 octobre, veille de la Toussaint, Halloween, plus lucrative et festive, fait dépenser en moyenne 89 € à ses adeptes. En France, sa version celte connaît un regain de popularité après un désintérêt au tournant des années 2000. Hallowe’en, contraction de l’anglais All Hallows Even, signifie «soir de tous les saints». Pour les Irlandais, ce rite célébrait le nouvel An des Celtes. La dernière nuit de l’année était celle du dieu de la mort, Samain. Revêtir des costumes lui rendait hommage et permettait de chasser les mauvais esprits. A l’origine, le symbole d’Halloween est un navet creusé. Contenant une bougie, il évoque la légende de Jack-o’-lantern, condamné à errer dans l’obscurité entre enfer et paradis. Quand les Irlandais émigrent massivement aux Etats-Unis dans les années 1840, la grande famine sévit. Faute de navets, ils creusent des citrouilles. halloween-1001677__180
(© photo LC)
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Fête celtique antérieure à la Toussaint
Aujourd’hui, la popularité de la cucurbitacée est intacte. Reine des étals, elle fascine. Halloween et ses rites pas catholiques, eux, attirent le noctambule au pub. Les serveurs au chapeau pointu y valsent entre les toiles d’araignées. Ce soir-là, la bière coule à flot. Les enfants s’adonnent à un rituel plus sage: frapper aux portes des voisins, les soumettre au dilemme «un bonbon ou un sort». Selon une étude Odoxa pour Le Parisien, «29% des Français fêtent Halloween en 2016, pour 61% des moins de 35 ans, la Toussaint et Halloween peuvent cohabiter, 61% des plus de 65 ans craignent que les cimetières soient déserts le 1er novembre.»

Père Éric Morin (© photo LC)
Père Éric Morin (© photo LC)
L’inquiétude? «Infondée», dit le père Eric Morin, professeur de théologie au Collège des Bernardins. «Il faut recadrer les choses de manière historique: la fête celtique de Samain, antérieure à la Toussaint, nous est revenue. Quand la foi chrétienne s’estompe, la fête païenne occupe l’espace. A l’origine, il y avait trois fêtes: le 31/10 qui interrogeait sur l’inéluctabilité de la mort, le 1er novembre (les héros) et le 2 (les défunts). Le pape Grégoire IV supprime la fête du 31 octobre lors de la christianisation. Le côté joyeux de la Toussaint a disparu et ceux qui se lamentent avec Halloween tendent la corde pour se faire battre. Son aspect festif ne me dérange pas. Il faut aborder cette date avec distance et respect. Or, ce n’est pas le rapport à la mort que je cultive car Halloween entretient la crainte des morts-vivants.»
Rivales? Oui. Incompatibles? Non.
LC
(© photo LC)
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Sondage Illigo: dépenses pour Halloween
Sondage Illigo: dépenses pour Halloween
étude Odoxa pour Le Parisien
étude Odoxa pour Le Parisien

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