Skip to content

Le street art, pas vu pas pris

Colorer les murs d’une rue à la bombe, afficher un slogan, un message, est-ce vraiment suffisant pour pouvoir se prévaloir du titre un peu pompeux d’artiste? Il semble que certains auteurs anonymes viennent et reviennent, écrire le mot ART en toutes lettres, avec une détermination bien réelle. Pourtant, n’est pas JonOne qui veut, ni Basquiat.
imageimage
Inlassablement, les tags à durée de vie limitée se voient recouvrir de peinture au bout de quelques jours, le temps pour les riverains et les badauds d’apprécier ou déplorer leur “travail”. Plus loin, fleurissent, de la même couleur mauve, des messages en guise de leçon de vie du genre “nous sommes la nature, protégeons-là”.
Par intermittence, les murs de Paris et ses environs se réveillent plus bariolés que la veille. Dans la nuit, un graffeur isolé ou évoluant en groupe a fait son oeuvre murale. Un défi, un exploit pour d’aucuns, surtout lorsqu’on n’est pas interrompu…A la clé, un résultat plus ou moins en harmonie avec le style local.
Si une fédération nationale des arts de rue existe bien depuis 1997, elle n’a d’autre vocation qu’à être un groupe de pression pour une reconnaissance professionnelle de cette pratique. Il reste encore du chemin, le tag étant interdit en France dans les lieux publics. Ainsi, un graffeur pris en flagrant délit de tag dans un lieu public, encourt une contravention de 5e classe (1 500 euros ou plus) si le dommage est considéré comme léger.
Dans les cas de dommages plus lourds, selon l’Article 322-1 du code pénal, “la destruction, la dégradation ou la détérioration d’un bien appartenant à autrui est punie de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende, sauf s’il n’en est résulté qu’un dommage léger. Le fait de tracer des inscriptions, des signes ou des dessins, sans autorisation préalable, sur les façades, les véhicules, les voies publiques ou le mobilier urbain est puni de 3 750 euros d’amende et d’une peine de travail d’intérêt général lorsqu’il n’en est résulté qu’un dommage léger.

Oeuvre d’art ou pas, le statut des arts de rue (street art) est difficile à déterminer et ne saurait obéir pour l’heure qu’à une règle, celle du cas par cas, en plus de constituer une création originale. Assimilé à du vandalisme lorsque l’auteur s’exprime pour barbouiller animer un mur ou autre support sans l’accord de son propriétaire, le tag n’en attire que davantage d’émules. Tentés par l’interdit, les mystérieux poseurs de tags à la bombe ou au pochoir n’ont pas fini de faire vivre la mémoire et l’égo surdimensionné de Cay, le tagueur qui lancera le mouvement en 1969, à New-York. Il écrivait son tag, en l’occurence son surnom, le long du métro. Selon lui : “Le nom, [c’était] la religion du graffiti, je regarde mon nom qui passe !”. Il pouvait rester ainsi des journées entières à regarder les rames de métro passer et à contempler son tag. Pour lui, un moyen concret de sortir du ghetto, et de l’anonymat. Message politique ou message codé que seuls les initiés du groupe ou de la cité peuvent comprendre, le tag a ce pouvoir étrange de fasciner et d’agacer en même temps.
LC
102500838imagesimages-1

Be First to Comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

%d bloggers like this: