Skip to content

3 mai, journée de la liberté de la presse

Dans l’indifférence quasi-générale, à l’exception de minces entrefilets aperçus, dans de rares journaux l’annonçant, ce qui en soit constitue un paradoxe, le 3 mai est journée mondiale de la liberté de la presse.
Cette date ne tient pas du hasard mais remonte au 20 décembre 1993, lorsque l’Assemblée générale proclame le 3 mai, Journée mondiale de la liberté de la presse (décision 48/432). Date qui marque l’anniversaire de la Déclaration de Windhoek (en Namibie) deux ans auparavant, oeuvrant au développement d’une presse africaine indépendante et pluraliste. Célébré dans le monde entier comme étant la Journée mondiale de la liberté de la presse, ce jour aura cette année, pour thème une revendication légitime, à l’appel de l’UNESCO: “L’accès à l’information et aux libertés fondamentales – C’est votre droit !”
Ce 3 mai, Journée mondiale de la liberté de la presse, coïncide avec trois évènements marquants :

-Le 250ème anniversaire de la première loi sur la liberté d’information qui couvre la Suède et la Finlande actuelles.
-Le 25ème anniversaire de l’adoption de la Déclaration de Windhoek sur les principes de la liberté de la presse.
-Le le début d’un nouveau cycle de 15 ans pour les nouveaux Objectifs de développement durable (ODD).
A l’ère actuelle du numérique, la Journée mondiale de la liberté de la presse 2016 est aussi l’opportunité exceptionnelle de mettre en exergue les liens entre la liberté de la presse, la culture d’ouverture, le droit à la liberté d’information et le développement durable, le fil conducteur étant le rôle du journalisme ainsi que l’importance de préserver ceux qui proposent ces services au public.
L’occasion de rappeler à ce sujet, le bilan funèbre établi par Reporters sans frontières, faisant état de “110 journalistes tués dans le monde en raison de leur profession en 2015, notamment en France, troisième pays le plus touché à cause de l’attentat contre le journal Charlie Hebdo.”
Depuis 25 ans, le bilan témoigne des inégalités en matière de libertés de la presse de par le monde notamment dans les zones de conflit. Selon un rapport annuel de la Fédération internationale des journalistes, “2.297 journalistes et professionnels des médias ont été tués depuis 1990”. Ce total inclut également la liste des 110 professionnels tués en 2015.
Pour couronner le courage, plus qu’un symbole, un message de paix sera delivré à travers “le prix de la liberté de la presse Guillermo Cano”, destiné à distinguer une personne, une organisation ou une institution qui a contribué d’une manière notable à la défense et/ou à la promotion de la liberté de la presse où que ce soit dans le monde, surtout si pour cela elle a pris des risques.
La cérémonie de remise du prix se déroulera à Helsinki, en Finlande, ce mardi. La journaliste d’investigation azerbaidjanaise, actuellement emprisonnée, en est la lauréate. Le verdict prononcé le 1er septembre 2015 à l’encontre de la journaliste d’investigation azerbaïdjanaise Khadija Ismayilova par un tribunal de Bakou a été basé sur “de fausses accusations d’évasion fiscale et d’autres délits économiques”, s’était alors indigné Kenneth Roth, directeur exécutif de Human Rights Watch. “Khadija Ismayilova a été condamnée à sept ans et demi de prison à l’issue de poursuites judiciaires basées sur des motifs politiques, un procès entaché d’irrégularités, et une campagne orchestrée par les autorités pour la discréditer. Elle a été acquittée d’un chef d’accusation selon lequel elle aurait incité une autre personne à se suicider. Les autorités azerbaïdjanaises devraient immédiatement annuler la condamnation de Khadija Ismayilova et la remettre en libérté. Le verdict scandaleux prononcé contre Khadija Ismayilova reflète la volonté des autorités azerbaïdjanaises de subvertir la loi afin d’etouffer toute voix critique”.
En France, la liberté de la presse découle de la loi du 29 juillet 1881 votée sous la IIIe République. Elle définit les libertés et responsabilités de la presse française, imposant un cadre légal à toute publication, ainsi qu’à l’affichage public, au colportage et à la vente sur la voie publique. Souvent considérée comme le texte juridique fondateur de la liberté de la presse et de la liberté d’expression en France, elle s’inspire de l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen adoptée près d’un siècle plus tôt, le 26 août 1789. A lire, relire, et méditer, surtout par les régimes liberticides tels qu’en Afrique du Nord, au Moyen Orient, “région du monde où les journalistes sont les plus soumis à des contraintes de toutes sortes”, selon le classement mondial de la liberté de la presse 2016, basé sur la latitude d’action des journalistes.

LC
classement-rsf-2016

Be First to Comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

%d bloggers like this: