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The taste of… spiritual and arty O’Breizh

Le jardin du Luxembourg en toile de fond. Aux murs, de grands formats signés Jorge Ermilo Espinosa Torre, jeune artiste hyperréaliste mexicain. Ses personnages, comme pris sur le vif. Leurs mains. Leurs rides. Leurs visages, leurs regards transperçant l’âme. Leurs reliefs, sculptés jusque dans les moindres recoins de la peau. Troublant. Tirages photos ou portraits peints? Chaque visiteur poussant la porte vitrée d’ Au Médicis se pose la question.
Une galerie d’art, donc.
Au centre de l’espace, une interminable table en bois bordée de sièges blancs. Depuis le sous-sol, s’élèvent des notes de joie de vivre et un authentique goût du partage, signatures d’André Sidney Lukali. Entouré de toiles, vous voilà prêt à embarquer pour la destination choisie par le chef du bien nommé O’Breizh.
Un restaurant, aussi, alors.
L’histoire d’un Breton passionné par la mer et ses trésors culinaires.
Depuis Paris 6e, invitation à mettre le cap sur la Trinité-sur-Mer, le temps de savourer l’huître chère au chef : la Princesse de Kermancy. Une seule adresse, deux expériences à vivre simultanément: apprécier l’assiette (à tomber!) préparée par André, et parcourir l’expo du moment.

© LC
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Rencontre artistico-gustative avec André Sidney Lukali :

“Au Médicis” est un “concept cuisine se conjuguant à l’art”. Une rencontre déterminante en est-elle à l’origine?

Je tenais ma cuisine dans mon restaurant O’Breizh, voisin de l’hôtel Bristol, rue de Penthievre, dans le 8ème.
A la suite d’un accident de la route, j’ai dû m’éloigner deux ans, de la restauration, ce qui m’a permis d’achever des projets que j’avais en cours depuis 5 ans, notamment : citizen.green, un réseau social autour du développement durable. Un de mes regrets fut de ne plus travailler une huître naturelle que j’affectionne particulièrement : ” La Princesse de Kermancy” dont les ostréiculteurs Nicolas Tanguy et Renaud Sirist, des super-potes de la Trinité-sur-Mer qui destinent ce produit aux chefs étoilés, m’ont toujours fait le privilège de travailler. Donc en octobre 2015, je souhaitais la proposer au grand public dans un concept d’huîtres que j’avais en tête, de livraison à domicile, il me fallait la promouvoir pendant les périodes de novembre et décembre dans une boutique éphémère, c’est ainsi que j’ai fini par trouver l’espace Médicis, galerie d’art au jardin du Luxembourg. Ma rencontre avec François, le propriétaire des lieux et Barbara, son assistante de l’époque, fut des plus cordiales. Il me dit ” est-ce que cela vous dérange que je laisse mes toiles au mur” ? Je réponds : bien au contraire, c’est d’ailleurs dans cette configuration, que je souhaitais ouvrir ma grande table aux huîtres ! Malheureusement, le projet fut reporté après les attentats de Paris. Deux mois plus tard, alors que Barbara me recontacte afin de savoir si mon projet tient toujours,
je lui confirme ma disponibilité au 1er Mars 2016 c’est ainsi que le concept est née. Ensuite François, propriétaire des lieux me fait appeler par son associée Marguerite, sur la partie Galerie. Comment travailler dans un concept que je proposais? Cela permettait de bien se caler. De quoi pousser la conceptualisation avec leur bristro épicerie où l’on trouvait également du charbon pour le poêle à feu !

Décrivez-nous le rôle de chaque membre de l’équipe. Qui crée les menus, et choisit les artistes exposés?
J’ouvre ma table au déjeuner et au dîner avec mon équipe de restauration et mes menus selon l’arrivage et bien évidemment mes huîtres, les princesses de Kermancy. François et Marguerite travaillent pour la partie exposition sur laquelle nous collaborons. Une anecdote: déjà en 1994 à Lorient, j’avais créé un bar à tapas dans mon magasin de disque de vinyl, les copains Dj’s venaient s’y produire à l’apéro.

André, quel mets résume le mieux selon vous, l’identité gustative bretonne?
Les huîtres naturelles ” Princesse de kermancy de la Trinité s/Mer, mon tartare de chair de tourteau, ma rillette de sardine au Kari Gosse …Le kouign Amman, le pain du chef Thierry Breton ….Je ne le sais plus moi-même car l’ensemble est Breton de plus nous souivons les saisons, donc l’éventail est large ! Ces produits naturels doivent être restitués naturellement.

Natif de Bretagne, vous avez conservé des liens puissants avec cette région. D’où viennent vos produits de base privilégiés ?
Alors je suis Breton d’adoption, vivant toujours en Bretagne à Ploemeur et travaillant Paris pour donner de mon côté un petit rayonnement sur les produits de producteurs ami(e)s dont je connais la rigueur et le sérieux du travail. Chaque coin de Bretagne à sa spécificité : Erquy et la rade de Brest. J’adore les saints jacques, le golfe du Morbihan pour l’huître et les palourdes, Molène pour ses ormeaux, Ouessant son agneau (hors poisson).

Quel(s) courant(s) artistique(s) appréciez-vous, quels artistes ?
La Bretagne m’a sauvé par sa diversité culturelle, par ses 189 manifestations culturelles annuelles : festivals des charrues, chants de Marins
de Paimpol, Festival du Bout du Monde, le Centre art contemporain du Quartz, le théatre de Bretagne, les fest Noz avec les frêres Morvans, Madame Ebrel …l’engouement suscité autour des auteurs est des plus extraordinnaires : Denez Prigent, Dan Ar Braz, Franck Darcel, Lucien Gouron et ses potagés dont il comte à merveille ” le choux de ploemeur et son origine” …” la musique rythme la vie des hommes donc dès l’instant où il y’a création d’un auteur” j’apprécie quel que soit le domaine. D’ailleurs on me demande d’où m’est venu mon concept de Restaurant dans une galerie ? La Bretagne est une région dont la pluridisciplinarité permette de réunir le plus grand nombre autour de projets divers. Je n’invente rien, je le vis le plus simplement du monde forcément cela devient plus évident !!!

Que vous apporte l’art, dans cet antre des saveurs qu’est O’Breizh?
La musique, les pianistes que je diffuse à longueur de journée dans ce lieu qui appartenait à Francis Poulenc, célébre pianiste Français décédé en 1963 donne directement ” Le Thon” (jeux de mot). Les accrochages de peintres et photographes font naître d’autres curiosités, d’autres travaux d’auteurs avec des émotions nouvelles qui poussent à l’inspiration. O’Breizh ” La Bretagne” laisse simplement libre court à votre imagination, la variété de nos produits en Bretagne nous oriente davantage dans la création ” alors je ne sais pas si c’est de l’art ” .

Quelle est la recette d’un mélange réussi entre art gastronomique et arts visuels?
Il n’y a pas de règle, ni de recette miracle, hormis la création et l’originalité …C’est vrai que cette atypique configuration ne laisse pas insensible, elle nous fait découvrir les gens et leurs passions. Les personnes, curieuses ou pas qui ont franchi la porte, nous ont, à chaque fois, fait partager des choses merveilleuses, nous ne les avons non pas vu comme des clients mais au fil des conversations, les coeurs s’ouvrent, vous émerveillent de leurs sensibilités, passions …Une part affective très attachante émane de chaque côté, nous découvrons les humains et l’amour ” voilà ce que l’art gastronomique et les arts visuels” nous apportent. Beaucoup d’échanges, vraiment beaucoup et plus. Je pense proposer cette expérience à d’autres lieux en adaptant encore les choses car l’expérience mérite amplement d’être vécue par le plus grand nombre ! Kénavo.

propos recueillis par LC

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