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Journée internationale des droits des femmes : se souvenir de Clara Zetkin

Clara Zetkin. Ce nom ne vous dit pas grand-chose. Il ne vous dit même absolument rien. C’est pourtant à cette journaliste (née le 5 juillet 1857 en Saxe), et femme politique marxiste allemande, figure historique du féminisme socialiste, que l’on doit de célébrer le 8 mars, journée internationale des droits des femmes. Et non pas, comme on a pu le lire, la journée de la femme, pour certaines, vécue comme une sorte de Saint-Valentin bis, source de cadeau unilatéral. Au début du XXe siècle, l’objectif principal de l’Internationale des femmes socialistes est l’obtention du droit de vote pour toutes les femmes. En août 1910, lors de la 2e conférence internationale des femmes socialistes à Copenhague, elle suggère, avec la russe Alexandra Kollontaï, la création de la « Journée internationale des femmes ». L’initiative sera suivie d’effet : l’Internationale socialiste réunie à Copenhague instaure une Journée de la femme, d’ampleur internationale, afin de rendre hommage au mouvement en faveur des droits des femmes et d’aider à obtenir le suffrage universel des femmes. La proposition est approuvée à l’unanimité par la conférence (qui comprend alors plus de 100 femmes venant de 17 pays), dont les trois premières femmes élues au Parlement finlandais. Mais aucune date précise n’est fixée pour cette célébration.
1911 marquerait la première célébration de ce jour : le 19 mars, en Allemagne, en Autriche, au Danemark et en Suisse, plus d’un million de femmes et d’hommes participent à des rassemblements. Outre le droit de voter et d’exercer une fonction publique, elles exigent le droit au travail, à la formation professionnelle, ainsi que l’arrêt des discriminations sur le lieu de travail. Si plusieurs combats ont été gagnés, d’autres restent à mener parmi les propositions précédentes…Et c’est navrant.
Il faudra attendre 1975, pour attribuer une date fixe à cette journée : lors de l’Année internationale de la femme, l’Organisation des Nations Unies commence à célébrer la Journée internationale de la femme le 8 mars.
Inutile de tergiverser, on le sait, chaque année le 8 mars est le jour où les media dressent l’inventaire des inégalités hommes-femmes dans le monde. Cette année, l’INSEE saisit l’occasion pour faire un état des lieux sur ces disparités en France, et met en exergue un paradoxe net:
“Si les jeunes femmes réussissent mieux leurs études (le taux de réussite au bac est supérieur et la part des femmes dans l’enseignement supérieur est globalement supérieur), ce sont elles qui rencontrent le plus de difficultés une fois qu’elles sont sur le marché du travail.
Leur taux de chômage est plus élevé que celui des hommes et leur salaire moyen est plus faible. “Les femmes sont moins bien rémunérées, en partie parce qu’elles occupent plus souvent un emploi inférieur à leur niveau de diplôme ou cumulent plusieurs emplois. Elles sont plus fréquemment à temps partiel, notamment après la naissance de leurs enfants”, constate l’Insee qui a ensuite décliné ces constats région par région.

Les femmes, aujourd’hui encore, gagnent en moyenne 20% de moins que les hommes, et celles qui accèdent à de très hauts postes se comptent sur les doigts de la main.
Voilà pour ce qui relève des luttes en cours.
D’autres sont révolues. Celles qui ont fait l’Histoire étaient à l’honneur ce matin, à Paris. Ainsi, Anne Hidalgo, la maire de Paris, Catherine Vieu-Charier, adjointe chargée de la mémoire et du monde combattant, ainsi que Florence Berthout, maire du Ve arrondissement, un trio 100% féminin, coincidence heureuse, ont dévoilé la plaque commémorative en hommage à la résistante Charlotte Delbo. Cette femme de lettres fut déportée au camp d’Auschwitz-Birkenau puis à celui de Ravensbrück. Désormais, son nom est gravé au 33, rue Lacépède, sur les hauteurs du Ve arrondissement.
Hier, résistantes sous l’occupation, aujourd’hui travailleuses, mères de famille, voire les deux. Et toujours, un sentiment d’injustice chevillé au corps, menant inexorablement au féminisme. Au sens premier du terme, celui de la quête de l’égalité hommes-femmes. Rien d’autre.
LC

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