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Un petit pas pour la condition féminine, un grand pas à franchir pour l’humanité

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435.973 signataires, un drapeau blanc hissé sur fond de bannière rouge, apposés à ces deux mots tant espérés : “Victoire confirmée”. L’avantage, avec la plateforme change.org, c’est qu’elle donne un sérieux coup d’accélérateur aux nobles causes. Changer le monde, nous sommes nombreux à y contribuer et à nous réjouir, lorsque l’union ne fait pas seulement la force mais qu’elle permet d’écrire une happy end. «Le président a fait sauter le verrou de la peine de sûreté et il permet à Jacqueline Sauvage de pouvoir être accessible à une libération conditionnelle dès la mi-avril 2016», se réjouissent, dès dimanche soir, à l’annonce de la décision présidentielle, ses avocates Me Nathalie Tomasini et Me Janine Bonaggiunta. Décision accueillie par des milliers de Français dans la liesse, et simultanément atténuée et raillée par ceux qui n’ont vu dans cette “grâce partielle” que louvoiement et habileté du chef d’Etat.
On vous laisse imaginer les réactions qu’auraient pu avoir ces donneurs de leçons, en cas de refus de grâce.
C’est presque amusant, mais en France, pays où l’on passe l’essentiel de son temps à débattre de tout et de rien, et le reste de son existence, à réclamer un débat, pour un oui ou pour un non, si l’on a une facheuse tendance à critiquer au quart de tour, on a, aussi, paradoxalement, tendance à s’enthousiasmer pour des futilités bien vite érigées en causes nationales. Voire internationales. Comme au sujet de l’annonce faite par son fabricant, Mattel, des mensurations plus rebondies (curvy) qu’affichera la nouvelle gamme de Barbie. La plus celèbre poupée mannequin devient donc plus conforme aux modèles féminins en chair et en os: un grand pas pour l’humanité, aux dires de ses accusateurs de longue date. Est-il besoin de rappeler (sans plaisanter), que ce jouet lancé en 1959, était rendu responsable, par certains, des désillusions futures des petites filles, au sujet de leur propre corps, une fois devenues femmes… Totalement surréaliste.
Allons, ne nous trompons pas de cible. La vraie cause du mal-être que peuvent ressentir certaines adolescentes, aux courbes naissantes, tentées par l’anorexie, se trouve ailleurs : du côté de l’industrie de la mode et de ses diktats. Trop longtemps, nous avons, toutes et tous, été affligé(e)s par la banalisation de la maigreur excessive -pour ne pas dire maladive- des égéries des marques cultes des ados. Qui n’a jamais été choqué par ces défilés de mannequins au teint diaphane, aux silhouettes faméliques, au regard angoissant ? Ce n’est pas comme cela que l’on vend du “rêve”… Il aura fallu attendre le 17 décembre 2015 pour voir les députés français adopter une loi visant à lutter contre la maigreur excessive des mannequins, en rendant obligatoire la présentation d’un certificat médical et la mention « photo retouchée » le cas échéant.
Le texte adopté à l’Assemblée Nationale stipule que l’activité de mannequin est désormais conditionnée à la délivrance d’un certificat médical. Ce dernier devra attester que « l’état de santé du mannequin évalué au regard de son indice de masse corporelle, est bien compatible avec l’exercice de son métier ». Toute infraction à cet article est passible de six mois d’emprisonnement et de 75.000 d’euros d’amende.

Voilà, un petit pas pour la condition féminine. D’autres restent à franchir, au niveau international. Mais une chose est sûre : tant qu’il y aura des chefs d’Etat et des lois mysogynes, comme en Arabie Sahoudite et aux Maldives, où une femme, sortie seule de son domicile, et se faisant violer, encourt une condamnation, tant qu’il y aura des monstres, il y aura des Femen pour les combattre.
LC

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