Skip to content

In the mood for Saint-Germain-des-Prés

imageimageimageimageimageimageimageimageimageimageimageimage

Paris, 10 heures du matin, la pluie ne se contente pas de tomber d’un ciel teinté de toutes les nuances de gris. Elle fait aussi briller les trottoirs qu’elle parsème, par petites touches, ça et là, de flaques d’eau soigneusement contournées par un flot ininterrompu de passants. Pressés. Place Saint-Germain-des-Prés, il y a tant à admirer que ralentir le pas vaudrait vraiment la peine.
Pour les puristes de la littérature française et de la nomenclature officielle des voies publiques de la capitale, nous voilà précisément au cœur de la place baptisée Jean-Paul Sartre Simone de Beauvoir. Un tour d’horizon à 360 degrés s’impose avant de jeter son dévolu sur une bonne table où il est agréable de boire son café matinal en écrivant ces quelques lignes.
La pluie donc. La pluie, toujours et encore…Entre deux gouttes prêtés à ruisseler sur mon écran, juste assez de temps pour capter l’environnement du moment : tout droit devant, surgit l’église de Saint Germain des Prés, longée par le marché de Noël éponyme et ses petits chalets d’un blanc immaculé. A l’ouest, la Hune, le Bonaparte, l’enseigne Louis Vuitton, au nord, Cartier, Swarovski, Joseph. Tandis que l’est annonce l’Armani Caffé et la brasserie Lipp à quelques encablures d’une autre institution, le café de Flore.

Après une courte hésitation, le choix se porte sur son voisin des Deux Magots, son ambiance chic, son charme et intemporel. Les serveurs en gilet noir, tablier blanc et nœud papillon, defilent, sans jamais se départir de leur sourire ni de leur plateau rond. Ce que cela fait de s’asseoir là où tant de cigares, de débats animés et de plumes illustres ont cohabité? Cela force surtout le respect, exhale un sentiment de fierté, de se dire que l’on est peut-être assis à côté, ou à la place naguère prisée d’André Gide, Picasso, Elsa Triolet, Hemingway, Fernand Leger pour ne citer que ceux-là, parmi tant d’autres inconditionnels de Saint-Germain-des-Prés depuis l’ouverture de cette institution en 1884. Ici, aujourd’hui encore, et ce, depuis 1933, est décerné le prix littéraire des Deux Magots, qui a distingué cette année, Serge Joncour, pour son ouvrage L’écrivain national. Il faudrait bien plus d’une matinée pour dépeindre l’effervescence germanopratine. D’ailleurs cela ne se raconte pas. Il faut le vivre. Sur les douze coups de midi, la salle se remplit et les voix s’élèvent.
Au menu du jour: actualité oblige, politique en guise d’entrée, plat et dessert…
LC

Be First to Comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

%d bloggers like this: