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Rencontre avec Karoline Bordas, sellière maroquinière

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Dans l’univers de Karoline Bordas, l’élément cuir compte autant que les lettres. Chacune de ses réalisations a son histoire. Toutes ont du sens.
La jeune créatrice fonde In Cute, après avoir décliné l’offre d’un sellier maroquinier français de luxe. Depuis lors, elle cultive celui de d’être indépendante. Depuis près de trois ans, elle gravite au sein d’une galaxie de designers. Entre eux, cohabitation rime avec émulation. La découvrir, c’est pousser les grilles, franchir les doubles portes, enfin, dévaler les escaliers et le couloir qui mènent jusqu’à son atelier du Viaduc des arts, dans le XIIe arrondissement parisien. image
Dans cet antre de la sellerie maroquinerie, les coupons de cuir de toutes les couleurs, d’autruche, de crocodile, cotoient bobines de fil et fers à repasser antiques…Car chez cette littéraire nourrie de Nothomb, Rousseau, Cocteau, le style vient de plus loin. De très loin dans le temps, même. Signe révélateur : le blason (plutôt que le logo) qu’elle a choisi pour sa marque, In Cute, traduit les influences qui l’habitent depuis toujours. Celles de la chevalerie médiévale dans ce qu’elle recèle de plus noble. Un style qui s’accorde de fil en aiguille, avec ce que la créatrice possède de plus cher et met un point d’honneur à cultiver : l’authenticité. Une authenticité à fleur de peau qu’elle traduit dans son ouvrage quotidien, donnant corps et allure au cuir. Ainsi, on saisit mieux pourquoi selon elle, ni les sacs ni les bracelets et les ceintures sortis de son atelier, pas plus que les porte-cartes, ne relèvent de l’accessoire. Mais de l’indispensable. Point d’ostentatoire ni de surcharge. Un style épuré, un art traditionnel. Un dialogue authentique entre personnalité et matière.

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Interview, entre deux surpiqûres :

-D’où vient In Cute, le nom de votre marque, et comment doit-on le prononcer ?

Merci de poser la question! In Cute c’est du latin, et signifie “dans la peau”. Donc cela se prononce “in couté”. J’ai résumé une citation latine de Jean-Jacques Rousseau qui dit “Intus in cute et imo pectore” ( à l’intérieur, dans la peau au plus profond de soi-même). J’ai très longtemps réflechi à la manière de traduire au mieux, qui j’étais, à travers le nom de ma marque : quelqu’un de franc, de sincère. Je suis comme cela dans le travail et dans la vie. A travers ce choix de nom, je veux faire passer un message : il faut oser, être soi-même en s’accordant avec notre pensée. Selon moi c’est la seule façon de bien faire. Je ne fais pas dans la mode, ni dans l’accessoire. Je fais de l’indispensable.

-Le luxe, c’est ce qui est rare, recherché. Créer des pièces uniques, à la main, est-ce ce côté traditionnel qui vous a séduite dans la maroquinerie?

J’ai toujours été manuelle, car j’ai toujours aimé rafistoler des meubles. Etant fan de Picasso et Cocteau, je peints. Je fais du figuratif. Et toujours avec cette même recherche du trait parfait. Il en va de même en ce qui concerne les modèles de sacs ou de ceintures que je crée. C’est toujours le souci du trait parfait qui m’anime.

-Qui sont les clients d’In Cute?

Il y en a de deux types. D’une part, les particuliers qui viennent à l’atelier pour faire réaliser un sac dont ils rêvent. Ils ou elles.
En général les hommes viennent plutôt pour une ceinture ou pour la petite maroquinerie.
Et d’autre part, les professionnels qui viennent pour des prototypes ou pour de petites séries. Aussi bien des designers que des grandes boîtes de com’ qui nécessitent un certain regard. J’ai travaillé avec des Japonais très ouverts à tout. Je ne suis pas styliste mais créer un vêtement, pourquoi aps un jour, au titre d’une collaboration?

-Est-ce stimulant de créer au sein d’une pépinière de designers?

Je travaille entre une mosaïste et une fabricante de bijoux en cuir. Oui c’est stimulant car cela permet de recueillir des avis et des conseils. C’est intéressant.

-Comment définissez-vous votre travail, sellière, maroquinière, ou les deux ?

C’est sellière, mon travail. La sellerie c’est le principe de la couture main. Je ne fais quasiment pas de maroquinerie car c’est un autre type de montage : à la machine. Donc je suis davantage une sellière. Ce qui n’est pas spécifique à l’univers du cheval.

-Où trouver vos créations ?

Sur le site incute.fr, je n’ai mis en vente que les bracelets et sacs. Sinon je travaille à la demande. Car pour réaliser un produit, le dialogue est essentiel. Mais j’ai toujours une petite marge de manoeuvre. En amont, le choix de la couleur et de la forme est etabli. Et il y a toujours une part de surprise. Je pousse les personnes qui viennent me voir à aller toujours plus loin… Idéalement, il faut venir à mon atelier pour mieux comprendre mes produits. Je suis toujours très surprise d’avoir réussi à faire parler les gens de ma marque.

-Même dans les arts traditionnels, développer un site web est donc indispensable…

Oui c’est indispensable car c’est ce que tout le monde regarde. Et c’est essentiel pour comprendre ce que je fais. dans les pages jaunes je suis référencée en tant que maroquinière. Le fil conducteur c’est d’avoir un oeil aiguisé. Mon logo plaît aux designers. Le dialogue est primordial, pour la compréhension des articles.

-Un aperçu de vos prochaines réalisations?

Je suis inspirée par le Moyen Age, qui évoque le dialogue galant, la poésie. mais je ne sais pas encore comment cela va se traduire.

Ce qui définit votre style, en quelques mots.

Disons pour résumer, que je suis un peu la chevalière de la maroquinerie. (Rires)

Propos recueillis par LC


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