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Picasso-Warhol : match point

Octobre 2015 à Paris, quelle période faste pour éveiller l’esthète qui sommeille en nous!
Tandis que la semaine de la mode bat son plein sur les podiums et sous les toits des hauts lieux de la culture de la capitale, l’art pictural affiche lui-aussi ses couleurs. Haut et fort. Dans les rôles principaux, deux maîtres qui ont marqué leur époque et continuent d’inspirer les générations suivantes : Andy Warhol et Pablo Picasso. Rien que ça… Le premier est à l’affiche depuis le 2 octobre au Musée d’Art Moderne de Paris qui met en lumière, une fois n’est pas coutume, les ombres. En effet, c’est l’occasion inédite en Europe, d’exposer la série Shadows, un ensemble de 102 toiles alignées sur 130 mètres de murs, à travers l’événement Warhol unlimited.
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Conservée à la Dia Art Foundation, les Shadows, toiles sérigraphiées de 17 couleurs différentes, rappellent la capacité de Warhol à ébranler les conventions de l’art, depuis la conception des oeuvres jusqu’à leur mise en scène. A la question de savoir si elles étaient de l’art, Warhol répondait non : « … on passait de la disco durant le vernissage, je suppose que ça en fait un décor disco ». L’art de Warhol se présente comme un défi que l’exposition “Warhol unlimited” proposée pae le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris décline à travers plusieurs séries comme les Electric Chairs (1964-1971), les Jackies (1964), les Flowers (1964-1965), les Maos (1972-1973).
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La technique souvent controversée avec laquelle l’artiste met en scène son propre travail est au centre de toutes les interrogations qui légitiment l’exposition. Le souci constant de l’artiste d’investir l’espace et le temps pour en remodeler notre perception est omniprésent. Le visiteur est invité à se laisser submerger par l’accumulation des oeuvres d’Andy Warhol, des Self-portraits (1966-1967, 1981) aux Brillo Boxes (1964), des portraits filmés (les Screen Tests, 1964-1966) aux papiers peints les Cows (1966), des ensembles de Flowers aux frises de Maos, du cinéma expérimental (le célèbre film Empire de huit heures, 1964) aux Silver Clouds (1966), sans oublier les environnements spectaculaires des concerts du Velvet Undergound (l’Exploding Plastic Inevitable, 1966). De cet artiste culte, chacun possède une image évocatrice : pour les uns, Marilyn, pour d’autres, Liz Taylor, voire les soupes Campbell… Un expert hors pair, dans l’art d’immortaliser les produits de masse et les icônes américaines.

Entre le maître du Pop art et celui du Cubisme, il ne faut ni hésiter ni établir de lien… Juste courir, vers les deux expositions de ce début d’automne. Pas seulement parce qu’elle metttent de la couleur et du baume au coeur et à l’esprit, mais parce qu’elles sont une mine de découvertes toujours et encore, pour nous qui croyions tout savoir et avoir tout vu (ou presque) de ces artistes dont la cote de popularité ne baisse pas avec le temps. Loin s’en faut. Ainsi, avant ou après une escale warholienne, une visite au Grand Palais est prescrite, pour remédier à la morosité automnale. Sous la nef de verre, dès le 7 octobre, le public pourra admirer pas moins de 412 oeuvres (peintures et sculptures) dont 100 de l’auteur de Guernica, un public déjà tout acquis à la Picasso.mania, évidemment.
La cerise sur l’exposition ? Certainement les correspondances signées Roy Lichtenstein, Jean-Michel Basquiat, Niki de Saint-Phalle, David Hockney, Miro, Bertrand Lavier, Barcelo, et… Andy Warhol, et la boucle est bouclée. Avantage Pop art.
LC
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Picasso.mania : du 7 octobre 2015 au 29 février 2016 au Grand Palais
Warhol unlimited : du 2 octobre au 7 février au MAM

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