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JonOne, la même authenticité de la rue aux cimaises des galeries d’art

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Français d’adoption, new-yorkais dans l’âme, jusqu’au pinceau, Jon0ne fonde en 1984, le collectif 156 All Starz. Grâce à sa rencontre avec son homologue français Bando (Philippe Lehman de son vrai nom), il s’installera à Paris à la fin des années 80. Depuis, ses toiles  s’exposent à travers le monde, et notamment dans la capitale (de la mode, de l’art, etc.). JonOne fut le coup de coeur de stylish-arty.com à l’occasion de Paris Art fair 2014 au grand palais. Nous le retrouverons le 12 mars, à l’occasion de son vernissage à la galerie Rive Gauche Marcel Strouk. Mais avant cela, à peine arrivé de New-York, il a eu la gentillesse de se prêter au jeu de l’interview. Rencontre:
-Contemporain de Jean-Michel Basquiat, avec lequel vous avez aussi en commun d’être né à New-York, originaire des Antilles, et inspiré par la rue, avez-vous autrefois travaillé avec cet artiste?
-Je n’ai pas travaillé avec Jean-Michel Basquiat mais j’ai travaillé quand même avec des amis à lui qui fréquentaient son atelier et bien sûr j’étais souvent présent à des vernissages auxquels Basquiat était aussi. Comme c’était un milieu de graffeurs (à NYC) et que lui était vraiment associé avec beaucoup d’entre eux, je n’étais pas directement dans son atelier mais j’évoluais quand même dans cet univers-là.
-Pour un graffeur, être exposé dans une galerie, est une reconnaissance du milieu artistique mais n’est-ce pas aussi, voir son art détourné (de la rue) ?
-Pour moi, c’est une évolution. Je fais la même chose sur une toile que dans la rue. L’important c’est d’exprimer la même sensibilité avant tout donc je ne vois pas en quoi je fais des concessions pour être exposé dans les galeries. Je manifeste la même ardeur, je suis aussi engagé dans la rue qu’à travers une toile. Pour moi c’est un acte de protestation et d’engagement identique. Donc mon travail dans la rue ou sur toile explore deux univers différents mais en même temps, s’adresse à un public qui apprécie autant la peinture.
-Cela vous a-t-il surpris de recevoir la Légion d’Honneur en tant qu’étranger résidant en France?
-Ah la Légion d’Honneur! Non, non. J’attendais ça depuis longtemps parce que, bref, j’ai fait tellement de choses pour la France qu’à un moment donné la France était contrainte de voir ma gentillesse et distinguer mon travail. Pour moi, je suis récompensé, c’est la récompense d’un homme, d’une oeuvre, de son travail.
– Fidèle au graffiti depuis vos débuts il y a plus de trente ans, explorez-vous d’autres moyens d’expression artistique?
-Oui, je fais des sculptures. Le graff c’était avec la bande, mais maintenant je travaille avec différents types de matériel. C’est une évolution, toujours.
– Le 21 janvier dernier, vous présentiez votre oeuvre Liberté, Egalité, Fraternité, au Palais Bourbon. Comment Claude Bartolone, le président de l’Assemblée Nationale, a-t-il découvert votre travail? Etait-ce bien en Corse?
-Oui c’était en Corse, l’été dernier, qu’il a vu mes toiles pour la première fois. Depuis, il s’est intéressé à moi, il a pris connaissance de ce que j’ai réalisé pour la fondation Abbé Pierre, les oeuvres, murales, les vidéos et ainsi il a eu la volonté de me commander une toile qui mélangerait tradition et modernité afin de présenter une nouvelle pièce à l’Assemblée nationale.
– Quels sentiments vous inspire Marianne?
-Marianne, c’est la liberté. C’est vraiment l’incarnation de liberté, liberté, liberté. Parce que la toile qui m’a inspiré, c’était La Liberté guidant le peuple, de Delacroix. Marianne c’est cela, c’est une figure qui a une grande signification même aujourd’hui, une figure qui nous parle à tous.
– Considérez-vous toujours le métro comme “un musée qui traverse la ville”?
-Oh oui! Je me demande pourquoi il n’est pas davantage peint aujourd’hui. Parce qu’il y a des gens qui n’ont pas le temps d’aller au musée, alors quel meilleur moyen de s’exposer et aussi d’exposer aux gens la peinture dans un métro en mouvement?
Moi, je préférerais voir des oeuvres d’art dans le métro que de la publicité.
-Avez-vous reçu des commandes de la RAPT afin de relooker les lignes urbaines de la région parisienne?
-Non, non mais pour la SNCF, j’ai déjà fait en 2009 la décoration d’un TGV, commandé pour un Thalys, j’ai réalisé une pièce pour un wagon, pour le lancement de la ligne Amsterdam-Cologne.
Propos recueillis par LC
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Pour la fondation Abbé Pierre :IMG_9339 IMG_9363

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