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Paul Mancini et Francis Huster brûlent les planches du théâtre du Petit Gymnase

 Le saxophoniste ajaccien, auteur, compositeur, interprète, partage, non seulement la scène avec le comédien, mais aussi, une fascination contagieuse, pour la vie de Charlie Chaplin. De retour d’une tournée Outre-Atlantique cet automne, Paul Mancini pose ses valises et son saxo à Paris, pour deux soirées de représentations au Petit Gymnase. Intitulé “Charlie Chaplin, sa vie, son oeuvre”, le spectacle qui réunit les deux univers de ces artistes est un vibrant hommage à celui dont la carrière fut aussi tourmentée que riche.

L’un joue les titres cultes de la carrière de Chaplin, mais lit aussi, le très poignant texte final du film “Le Dictateur ”, qui commence par ces mots émouvants et se poursuit dans la même tonalité :“Je suis désolé, mais je ne veux pas être empereur, ce n’est pas mon affaire. Je ne veux ni conquérir, ni diriger personne. Je voudrais aider tout le monde dans la mesure du possible, juifs, chrétiens, païens, blancs et noirs. Nous voudrions tous nous aider si nous le pouvions, les êtres humains sont ainsi faits.

L’originalité du spectacle est le récit sous forme de dialogue, de dualité, entre Charlot et Charlie, venant ponctuer les morceaux de saxo. Sans oublier, car c’est impossible, le point d’orgue, en fin de représentation, lorsque Francis Huster rejoint la scène et raconte “son Chaplin”, à grand renfort d’anecdotes nourries de rencontres artistiques mais aussi de références à un important travail de recherche au fin fond des archives du cinéma et du music-hall du XXe siècle. Un grand moment scénique.

Rencontre-interview avec Paul Mancini: 

– Compositeur éclectique, inspiré par les jazzmen illustres du XXe siècle, comme par le rap US, pourquoi cet hommage aujourd’hui, à Charlie Chaplin, à travers votre spectacle?

C’est en visionnant la filmographie de Charlie Chaplin, que j’ai découvert ses oeuvres musicales. Je me suis aperçu qu’il avait composé l’ensemble des musiques qui l’accompagnaient dans les scènes qu’il jouait et qu’au delà d’être un acteur, un auteur et un réalisateur il était également un mélodiste hors norme, j’ai commencé à étudier sa musique et sa vie, ce travail a duré un an, puis j’ai monté ce spectacle “Charlie Chaplin, sa vie, son oeuvre” qui rend hommage à la vie et la musique de celui qui fut pour moi, l’un des personnages les plus créatifs de l’histoire cinématographique du XXème siècle.

– Est-ce là une manière de rappeler que la carrière de cet artiste phare du siècle dernier ne se résume pas au cinéma muet?

Charlie Chaplin a été l’homme d’un siècle, son histoire a connu deux guerres mondiales, la montée du nazisme, la grande dépression et la guerre froide. Dans ses films, il a raconté son époque avec génie, au point de déranger les services secrets Américains et le FBI. Il sera contraint à l’exil, au manoir de Ban en Suisse, où il passera les 30 dernières années de sa vie avant de s’éteindre le 25 décembre 1977, laissant derrière lui, non pas des films drôles, mais des témoignages de la vie du début du XXème siècle.

– Qu’avez-vous appris d’autre, sur lui, en préparant le spectacle, et qu’est-ce qui vous a le plus surpris?

Chaplin a choisi, dans une Amérique où tout le monde rêvait de devenir Rockefeller, d’incarner un vagabond, sans argent, sans passé, sans famille et grâce à ce personnage, The Tramp (le vagabond) il a dénoncé, tourné en dérision les injustices de son époque et répondu, par moustache interposée, dans le dictateur, à Adolph Hitler. Peu d’artistes, dans toute l’histoire du cinéma, ont eu ce courage.

– Sur la scène parisienne, vous n’êtes pas seul, entouré du guitariste Jean-Marie Gianelli, des comédiens Yves Lemoign’ et  Géraldine Szajman, avant d’être rejoints par Francis Huster. Comment sont nées ces rencontres?

La rencontre avec Francis Huster s’est faite en Corse, lors du festival Allegria où je l’accompagnais dans la pièce “Lorenzaccio”. On s’est dit qu’il fallait se revoir, faire quelque chose ensemble, alors nous avons tout mis en oeuvre pour nous retrouver sur la scène du théâtre du Gymnase de Paris avec l’aide de Serge Colling. J’ai eu la chance d’avoir à mes côtés les comédiens de la troupe de France, Géraldine Szajman et Yves Lemoign’ ainsi que Jean-Marie Giannelli.

 – A l’instar de Chaplin, à la carrière diversifiée, pourriez-vous envisager de faire du cinéma, ou vous consacrer à la composition de musiques de films?

Faire du cinéma? Pourquoi pas, je suis toujours partant pour de belles aventures! Pour les musiques de films, j’ai eu la chance de travailler avec Costa Papadoukas en tant que saxophoniste pour la bande originale du film de Xavier Gélin, “L’homme idéal”. Je suis un grand fan d’Ennio Morricone, et j’ai eu l’honneur de faire la première partie de Michel Legrand lors du festival de Jazz d’Ajaccio… Composer pour le cinéma serait une merveilleuse aventure.

– Quelle sera la suite de l’itinéraire de ce spectacle?

J’adorerais partager la scène avec des comédiens étrangers pour jouer ce spectacle hors des pays francophones. Et pour l’heure, nous avons des projets à New-York avec la Sylverprod dirigée par Franck Bondrille, qui me produit aux USA depuis 3 ans.

– Connaissez-vous les réactions des ayants droit de Chaplin?

Une rencontre avec les ayants droit de Monsieur Chaplin est prévue pour l’année 2015. Et j’ai reçu les remerciements ainsi que l’aide précieuse de l’association Chaplin pour monter ce spectacle, je les en remercie du fond du coeur.

– Comment les fans qui vous suivent depuis vos débuts réagissent-ils?

C’est une nouvelle aventure pour moi, totalement différente de ce que je fais habituellement, mais je ne laisse pas pour autant tomber mes autres projets, “Sax Connection” ou “Electrosax”. Ceux qui aiment mon travail n’auront que l’embarras du thème du spectacle.

– A propos de votre tournée Outre-Atlantique, quelques mots de l’accueil du public new-yorkais et des Antilles. 

 Le public américain a découvert mon son, mes compositions et mon univers à travers le projet Sax Connection.  Je retournerai jouer aux Etats-Unis en 2015, proposer le spectacle sur la vie et la musique de Chaplin. Quant aux Antilles, j’y suis allé en compagnie d’un groupe de Polyphonies corses, et nous avons fait découvrir notre région à travers le magnifique répertoire de la chanson corse. Ce fut une véritable réussite.

– Quel air aura votre année 2015?

Mon année 2015 sera consacrée à ce spectacle “Charlie Chaplin, sa vie, son oeuvre”, en espérant continuer à voyager avec mon saxo le plus possible, pour continuer à découvrir, et faire découvrir…

Propos recueillis par LC

 

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One Comment

  1. Gelebart Gelebart

    Magnifique spectacle, magnifique artiste, magnifique article . LG

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